News et actus des anciens

La première pièce de Laetitia Colombani (Ciné 1998) jouée au théâtre Edouard VII
Publié le 06/01/2023

A partir du 12 janvier 2023, la première pièce de Laetitia Colombani (Ciné 1998), Le Jour du kiwi, avec Gérard et Arthur Jugnot, Florence Pernel et Elsa Rozenknopf, est mise en scène par Ladislas Chollat au Théâtre Edouard VII.

Barnabé Leroux est un comptable maniaque, obsessionnel et surtout très procédurier, depuis la mort de sa femme, il mène une vie de solitaire et ne voit que très rarement Benoit son fils unique. Son seul vrai contact avec le monde extérieur se limite à sa visite hebdomadaire chez sa psychanalyste. Sa vie est réglée, millimétrée même, rien n’est laissé au hasard, jusqu’au jour où il découvre qu’il manque un yaourt dans son frigo... Barnabé en est sûr le yaourt était encore là la veille ! Et si un simple yaourt pouvait changer le cours d’une vie ?

Équipe artistique

Une pièce de Laetitia Colombani
Mise en scène Ladislas Chollat
Avec Gérard Jugnot, Arthur Jugnot, Florence Pernel, Elsa Rozenknop
Assistant à la mise en scène Éric Supply
Musique originale Frédéric Norel
Costumes Jean-Daniel Vuillermoz
Lumière Madjid Hakimi
Décors Emmanuelle Roy
Accessoires Marie Hervé

Théâtre Édouard-VII

Du mardi au samedi à 20h45
Le samedi à 16h30
Le dimanche à 16h
10, place. Édouard VII - Paris 9e

Olivier Goinard (Son 1998), invité du Ciné-club Louis-Lumière
Publié le 04/01/2023

Le mixeur Olivier Goinard (Son 1998), sera le premier invité 2023 du Ciné-club Louis-Lumière, le mardi 10 janvier, au côté du monteur son Damien Guillaume, pour la projection du film de Deniz Gamze Ergüven, Mustang (2014).

 

Le Ciné-club Louis-Lumière, les étudiantes et étudiants de l’École recevront Olivier Goinard, mixeur, et Damien Guillaume, monteur son, pour une discussion avec eux de la postproduction sonore du film.

Olivier Goinard est sorti de l’ENS Louis-Lumière en 1998. Il est lauréat du César du son pour Le Chant du loup, d’Antonin Baudry, en 2020, et Adolescentes, de Sébastien Lifshitz, en 2021.

Damien Guillaume est sorti du SATIS en 2005. Il est nommé en 2016 pour le César du meilleur son avec Mustang.

Mardi 10 janvier 2023 à 19h30
Cinéma Le Grand Action
5, rue des Écoles - Paris 5e


Les anciens au générique - Janvier 2023
Publié le 04/01/2023

Semaine du 4 janvier

16 ANS, DE PHILIPPE LIORET  

avec Sabrina Levoye, Teïlo Azaïs, Jean-Pierre Lorit    

Production : Fin Août Productions
Distribution : Paname Distribution

  • Gilles HENRY - direction de la photographie (cinéma, 1983)
  • Adrien ONESTO - 1er assistant caméra (cinéma, 2007)
  • Ronan TRONCHOT - 1er assistant montage (cinéma, 2010)

 

CET ÉTÉ-LÀ, DE ERIC LARTIGAU

avec Rose Pou Pellicer, Juliette Havelange, Marina Foïs
Production : Trésor Films
Distribution  : StudioCanal

Julien GERBER - montage dialogues - (Son, 2014)

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TIRAILLEURS, DE MATHIEU VADEPIED

Avec Omar Sy, Alassane Diong, Jonas Bloquet 
Production : Korokoro, Unité, Sy Possible Africa        
Distribution : Gaumont

Emmanuel CROSET - re-recording mixage  (son,1991)

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Semaine du 11 janvier

L'ENVOL, DE PETRIO MARCELLO

avec Raphaël Thiéry, Juliette Jouan, Louis Garrel

Production : L'Avventurosa Film, Rai Cinéma, CG Cinéma, Hype Film, Wise
Distribution  : Le Pacte

  • Olivier GUILLAUME - re recording mixage    (son, 2010)
  • Erwan KERZANET - Production mixage son    (son, 1997)
  • Jonas ORANTIN - foley    (son, 2015)
  • Marco PERON - Perchman    (son, 2014)

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SWING RENDEZ-VOUS, DE GÉROME BARRY

Avec Gérome Barry, Tatiana Eva-Marie, Estéban

Production : Fabulous NYC, Hapax Films, John Collins Films
Distribution : Epicentre Films

Florent CASTELLANI - Montage, mixage son    (son, 2011)

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Semaine du 18 janvier

YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS, DE BAYA KASMI

Avec Ramzy Bedia, Noémie Lvovsky, Melha Bedia

Production : Domino Films
Distribution : Tandem

  • Julien ROUX - direction de la photographie    (cinéma, 2001)
  • Emmanuel CROSET - re recording mixage    (son, 1991)

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LE CLAN, DE ERIC FRATICELLI

avec Eric Fraticelli, Denis Braccini, Philippe Corti

Production : Pan Européenne Production
Distribution : Pan Distribution

 Dominique LACOUR - son   (son, 1989)

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Semaine du 25 janvier

DIVERTIMENTO, DE MARIE-CASTILLE MENTION-SCHAAR

avec Oulaya Amamra, Lina El Arabi, Niels Arestrup

Productions : Easy Tiger, Estello Films
Distribution : Le Pacte

  • Naomi AMARGER - direction de la photographie    (cinéma, 2019)
  • Christophe VINGTRINIER - re recording mixage    (son, 1997)
  • Fanny COUSTENOBLE - opératrice steadicam    (cinéma, 2004)

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Vous pouvez aussi consulter :

Les anciens au générique - Décembre 2022

Les anciens au générique - Novembre 2022


Toutes les informations reprises dans cet article ont été collectées et mises en forme par l'ENS Louis-Lumière, service communication. Publication sur ce site avec son aimable autorisation.


Yves Rodallec ou l'art du cadre - Hommage à un ami
Publié le 13/12/2022

Le 14 août 2022 s'est éteint Yves Rodallec (promo Ciné55), très grand cadreur de cinéma et témoin privilégié d'une certaine époque des tournages, inséparable de Maurice Fellous et du cinéma de Georges Lautner, notamment des mythiques "Tontons Flingueurs".

Rodallec a mis sa sensibilité, sa maîtrise technique et son art de la tête-manivelle au service de nombreux autres réalisateurs français comme Bertrand Blier, Jean-Louis Bertucelli ou Claude Pinoteau, mais aussi de grands cinéastes étrangers comme Andrejz Zulawski, Robert Wise, Sydney Pollack, Luigi Comencini ou Joseph Losey.

Losey l'avait marqué et il aimait souvent en parler avec son ami "Ago", alias Yves Agostini, très grand cadreur également ayant oeuvré dans les mêmes années. Les deux hommes s'étaient rencontrés en 1967 sur le tournage de "Fleur d'Oseille", de Lautner. Voici l'hommage qu'Ago a rendu à son ami "Roda" à l'occasion de son dernier voyage :

Mon cher Roda… (« professeur » comme t’appelait la profession)

Te voilà arrivé à t’endormir définitivement, comme tu me l’avais écrit dans une de tes dernières lettres (échéance et déchéance). Donc… Repose en paix…

On se connait depuis si longtemps, ton humour, notre carrière en parallèle… notre identique façon de penser sur notre métier, sur tous ces gens de cette profession que l’on aimait et aussi que l’on n’aimait pas… Mais toi, c’est une carrière exceptionnelle que tu as eue… quand on fait le compte de tous ces metteurs en scène de grande classe avec qui tu as eu la chance de travailler… ça veut dire aussi que tu étais à la hauteur pour travailler avec eux… la technicité… La vision… La confiance partagée… la connivence… etc… Mais aussi et c’est l’atout des grands professionnels (de la profession comme disait l’autre que l’on n’aimait pas vraiment), comme toi de défendre le métier… du cadreur évidemment, mais aussi du métier en général dans lequel il faut s’engager pour défendre la qualité pied à pied…  Plan après plan !!!!

Dans nos déjeuners nous nous remémorions les instants magnifiques et aussi critiques dans les relations que nous avions eu… mais à chaque fois on se disait que nous avons eu une chance inouïe d’appartenir à une époque où notre cinéma était au top !!!!! Des années 60 aux années 90… ça en fait des films… On se disait même (parce qu’on est méchants) qu’on est bien à la retraite pour ne plus être dans le cinéma d’aujourd’hui tellement il a changé…

Ben tu vois… ça me fait un grand vide ta disparition… émotionnel évidemment… et c’est un grand pan de mémoire du cinéma qui disparait… heureusement que tu m’as envoyé les écris que tu as fait.

Et il y a aussi l’affection que tu avais avec moi… tu disais souvent que j’étais ton frère… ça m’a fait énormément plaisir quand tu l’as écrit la première fois et pour moi aussi c’était partagé… Donc, j’ai perdu un frère de cœur et de qualité…

Voilà mon Roda… j’aurais pu dire encore beaucoup de choses… mais bon… je garderai tous ces bons moments passés ensemble dans ma petite tête… Toute mon affection à ta famille et grosses bises à Sue qui a été d’un grand courage jusqu’au dernier moment… J’aurais toujours le son de ta voix dans mes oreilles.

Et maintenant, tu vas faire ton dernier travelling… je sais… c’est pas drôle… mais ça aurait pu te faire marrer…

Yves Ago

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Lire l'article du Figaro consacré à Yves Rodallec

 

Yves Rodallec descendit la tyrolienne à côté de Belmondo dans Flic ou voyou pour pouvoir filmer le comédien-cascadeur en gros plan


Les anciens au générique - Décembre 2022
Publié le 08/12/2022

Semaine du 7 décembre

LA TRES GRANDE EVASION, DE YANNICK KERGOAT

latrèsgrandeévasion

  • Maxime SABIN - Direction de la photographie (Ciné 2016)
  • Théo SERROR - Montage son (Son 2018)
  • Clément TIJOU - Mixage son (Son 2016)

LES PIRES, DE LISE AKOLA ET ROMANE GUERET

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  • Jean UMANSKY - Ingénieur du son (Son 1977)
  • Boris CHAPELLE - Montage son (Son 2003)
  • Florent KLOCKENBRING - Montage son (Son 2002)
  • Samuel DELORME - Assistant re recording mixage (Son 2018)

NOS FRANGINS, DE RACHID BOUCHARED

nosfrangins

  • Guillaume DEFFONTAINES - Direction de la photographie (Ciné 1992)
  • François BOUDET - Mixage son (Son 2007)

Semaine du 14 décembre

MON HEROÏNE, DE NOEMIE LEFORT

mon heroine

  • Nathalie DURAND - Direction de la photographie (Ciné 1981)
  • Frédéric DE RAVIGNAN - Mixage son (Son 1990)

Semaine du 21 décembre

LA GRAVITE, DE CEDRIC IDO

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  • Brice MORIN - 1er assistant réalisateur (Ciné 2003)
  • Thomas WARGNY - re recording mixage (Son 2015)

LES HUITS MONTAGNES, DE CHARLOTTE VANDERMEERSCH ET FELIX VON GROENINGEN

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  • Hélène LOUVART - Direction de la photographie (Ciné 1985)

LE PARFUM VERT, DE NICOLAS PARISER

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  • Sébastien BUCHMANN - Direction de la photographie (ciné 1984)
  • Carl DEMAILLE - Machiniste (Ciné 2017)
  • Marie MOUGEL - Preneuse de son (Son 2009)

LE PETIT PIAF, DE GERARD JUGNOT

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  • Laure-Anne NICOLET - 2nde assistante réalisation (Ciné 1989)
  • Amaury DE NEXON - Ingénieur du son (Son 1990)

Semaine du 28 décembre

CHOEUR DE ROCKERS, DE IDA TECHER ET LUC BRICAULT

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  • Patrick BLOSSIER - Direction de la photographie (Ciné 1971)
  • Charlie CABOCEL - Son (Son 2013)
  • François HELLER - Perchman (Son 2013)
  • Julie MARTIN - Foley mixage (Son 2003)
  • Thibault HAAS - Stagiaire son (Son 2020)

LA PASSAGERE, DE HELOÏSE PELLOQUET

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  • Jonas GAYRAUX - 1er assistant caméra (Ciné 2014)

Toutes les informations reprises dans cet article ont été collectées et mises en forme par l'ENS Louis-Lumière, service communication. Publication sur ce site avec son aimable autorisation.


Un Oscar d'honneur pour Euzhan Palcy (Ciné 1984)
Publié le 26/11/2022

Samedi 19 novembre 2022, la réalisatrice Euzhan Palcy (Ciné 1984) a reçu un Oscar d'honneur à Los Angeles pour l'ensemble de sa carrière, devenant ainsi la deuxième Française, après Agnès Varda en 2017, à obtenir cette distinction.

Née en 1958, Euzhan Palcy a été une pionnière de la représentation des communautés noires à l’écran et la première femme à obtenir un César, en 1984, pour son film Rue Cases-Nègres.

Après ses études à l’ENS Louis Lumière, elle rencontre des grands noms du cinéma tels que Jean Rouch, René Gilson, François Truffaut, aux côtés desquels elle effectue quelques travaux d’assistanat ou de montage…

Suite au succès de Rue Cases-Nègres, Euzhan Palcy part aux États-Unis pour y développer un nouveau projet, Une saison blanche et sèche (1989). Elle devient non seulement la première réalisatrice noire à être produite par une major hollywoodienne mais également la première femme à diriger Marlon Brando.

Par la suite, elle tourne en France Siméon (1992) et aux Etats-Unis, Ruby Bridges (1999) et The Killing Yard (2001).

Euzhan Palcy a également tourné des documentaires militants, comme Aimé Césaire, une voix pour l'Histoire (1994) et Parcours de dissidents (2005).

Dans une interview donnée sur France Info, elle évoque sa passion pour le septième art : « Le fait d’être cinéaste, pour moi, ce n’est pas un vain mot. C’est un engagement, né d’une grande souffrance, d’un combat et d’une grande frustration. D’une grande colère que j’ai voulue créatrice. On n'existe nulle part, et j’ai voulu que ça existe.Tant que les choses n’iront pas comme il faut, je ne pourrai pas décolérer. Je continuerai à avancer avec ma colère, qui n’est pas une colère de violence, mais une colère qui stimule, qui donne naissance à des choses. »

 

Discours d'Euzhan Palcy au cours de la cérémonie (traduction par nos soins) :

Merci, merci, merci ! Et bien, je voudrais tout d'abord vous demander, mes chers amis, d'être indulgents avec moi, car c'est un grand, grand moment d'émotion. Et aussi, parce que je déteste mon accent quand je parle en anglais. Si je trébuche sur un mot, juste applaudissez, vous voyez ? Merci, chers membres de l'Acadamy Board of Governors. Et merci à tous ceux qui sont venus ici ce soir.

Un remerciement tout particulier à deux brillantes étudiantes qui ont fait le chemin depuis la Martinique, mon pays d'origine, Erinne et Salome. Il y a quelques années, en Martinique, une école a été baptisée Collège Euzhan Palcy. Et je voulais absolument qu'il y ait ici ce soir à la fois l'une des étudiantes de ce collège, et une autre du collège Aimé Césaire, en Martinique également. Parce que si je fais des films, c'est pour cette génération et celle d'après. C'était très important qu'elles puissent venir jusqu'ici, avec le soutien de tout le monde en Martinique, qu'elles soient dans cet endroit avec vous, avec nous, qu'elles puissent voir cela. Et puis qu'elles rentrent chez elles en pouvant dire aux autres jeunes ce que c'était, comment c'était, les personnes qu'elles ont rencontrées, et l'importance de cette expérience pour elles-mêmes.

Quand je vous regarde tous, amis, pairs, collègues, mentors, créateurs de mémoire, je me souviens d'un proverbe africain. "Si tu veux aller vite, vas-y seul. Si tu veux aller loin, vas-y ensemble." Mesdames et messieurs, vous savez au fond de vous que personne n'atteint jamais ce stade seul. Je ne serais pas ici sans la sagesse et l'amour de tous ceux qui m'ont rejoint dans mon voyage. Mon cœur éclate en ce moment en pensant à ma grand-mère Cami, à mon papa Léon, à ma mère Mire, et à ma marraine et mes parrains — Maya Angelou, Aimé Césaire, François Truffaut.

Merci à tous les mentors qui m'ont encouragée, comme Robert Redford, qui m'a invitée à participer au Sundance Institute Filmmakers Lab en 1985. C'est là que j'ai pu lancer la création de "A Dry White Season". Je remercie les acteurs et les équipes de tous mes films, en particulier ceux de "Sugar Cane Alley", "The Brides of Bourbon Island" et "A Dry White Season". Et un merci très important au public du monde entier. Sans eux, mes films ne seraient pas considérés aujourd'hui comme des classiques. Je vous aime tous. Je m'en voudrais de ne pas remercier la source de toutes mes bonnes fortunes, le Dieu tout-puissant.

Maintenant, beaucoup m'ont demandé pourquoi, pendant un certain temps, je me suis éloignée de la carrière que j'aime. La réponse est que j'ai reculé pour pouvoir me relever et me tenir vraiment debout. Si je n'ai pas fait de films pendant quelques années, c'est parce que j'avais décidé de me taire. Et j'ai gardé le silence parce que j'étais épuisée. J'en avais tellement assez d'entendre que j'étais une pionnière. J'étais tellement fatiguée d'entendre des éloges pour être la première parmi tant de premiers, mais me voir en même temps refuser la chance de faire les films que je voulais réellement faire.

Au fil des ans, de chères amies comme Ava Duvernay, Julie Dash, Neema Barnette, Kasi Lemmons, Gina Prince-Bythewood et d'autres m'appelaient la reine, partageant mon travail, me remerciant d'avoir brisé les barrières. J'ai été touchée, très touchée par tant d'éloges. Et pourquoi parlent-elles de moi comme ça ? Parce qu'elles se sont peut-être reconnues et identifiées à mes films, aux thèmes qu'ils véhiculent, et parce que je suis une cinéaste. Parce qu'elles étaient probablement au courant du danger auquel je faisais face en m'infiltrant en Afrique du Sud, en passant en contrebande, cachées dans mon slip, des preuves audio des victimes de l'Apartheid, nécessaires pour dire la vérité sur leur lutte.

Je n'ai pas peur et je veux inspirer la nouvelle génération, comme mes filleuls, Manuel et Andrew. Mais, en fin de compte, à quoi servent ces mots sincères ? Parce que je n'étais pas derrière la caméra, en train de faire ce vraiment pour quoi Dieu m'a mise sur cette terre : diriger une caméra, mon arme miraculeuse comme je l'appelle, pour faire le point à l'écran sur notre humanité collective. Avec une caméra, je ne tire pas, je soigne. Et pourquoi j'ai gardé le silence ? C'est parce que j'avais perdu la volonté d'affronter ces mots : être noire, ça n'est pas "bankable", être une femme, ça n'est pas "bankable". Être noire et femme, ça n'est pas du tout "bankable". Allez, les gars, regardez ma sœur [Viola Davis] qui se tient ici à côté de moi ! Être noire est "bankable". Être femme est "bankable". Être noire et femme, c'est tout à fait "bankable". Oui, absolument. [désignant le ciel] "Lui" le sait.

Ce soir, vous venez de donner de l'importance à ce que j'ai toujours voulu exprimer. L'impossible est possible, et vous avez ressuscité en moi la joie de crier à nouveau : moteur, ça tourne, action ! C'est mon cri ce soir. Un cri d'inclusion, de fierté, de bonheur. Je félicite l'Académie d'avoir aidé à mener la charge pour changer notre industrie et d'avoir ouvert les portes qui étaient fermées aux idées et à la vision que j'ai défendues pendant si longtemps. Cela m'encourage à élever à nouveau la voix, à vous proposer des films de tous genres que j'ai toujours voulu faire à ma manière, sans que ma voix soit censurée ou réduite au silence.

Très important : mes histoires ne sont pas noires, mes histoires ne sont pas blanches. Mes histoires sont universelles, elles sont colorées. Merci à vous tous, et merci à cet homme merveilleux, Oscar - mon Oscar, qui brille si fort. Tu es un symbole qui donne de l'espoir à nous et aux jeunes filles comme Erinne et Salomé. Et à tous les enfants, petits garçons et petites filles de toutes les couleurs de peau, qui rêvent un jour de te porter fièrement.

J'ai mentionné plus tôt Andrew et Manuel, qui sont cinéastes et militants. Des cinéastes et des militants qui incarnent l'esprit et les idées dont j'ai parlé ce soir. C'est pourquoi en 2016, ils m'ont choisie pour devenir la marraine d'un mouvement qu'ils ont créé pour susciter la paix, l'amour et l'unité. Le mouvement "Connect". Ils se battent passionnément pour la connection humaine, celle qui nous rapproche tous d'un simple geste, paume contre paume. Surtout en cette période où nous sommes si divisés, pas seulement ici, mais partout dans le monde, ce sont des valeurs auxquelles je crois et pour lesquelles je me bats avec ma caméra, ma voix et ma vie. Utilisons mon cri de joie pour élever nos voix ensemble : moteur, ça tourne, action !

Merci à l'Académie. Merci à Monsieur Jean-Luc Ormières pour "Sugar Cane Alley" et Jacques Guinchard, je vous aime tous. Je voudrais enfin remercier Monsieur George Baker, qui a fabriqué cette superbe robe pour moi. Je désirais l'habit d'une combattante, il m'a fait l'habit d'une reine. Je suis certaine qu'Ava Duvernay en sera très heureuse. Merci infiniment.

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Voir l'article sur le site Internet de l'Académie des Oscars

(Sources CNC et Télérama)


Les Anciens au générique - Novembre 2022
Publié le 13/11/2022

Les anciens de l'École sont au générique de plusieurs films actuellement au cinéma, tout juste sortis ou encore à l'affiche.

 

Semaine du 2 novembre

JACKY CAILLOU, DE LUCAS DELANGLE

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  • Céleste OUGIER - 1ere assistante caméra (Ciné 2018)
  • Louise HARTVICK - 2eme assistante caméra (Ciné 2018)
  • Diarra SOURANG - Cheffe électricienne (Ciné 2018)
  • Alexandra FISCHER - Electricienne (Ciné 2018)
  • Eléonore MALLO - Bruiteuse (Son 2015)

 

 

LE SERMENT DE PAMFIR, DE DMYTRO SUKHOLYTKYY-SOBCHUK

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  • Christophe VINGTRINIER - Bruitage (Son 1997)

 

 

Semaine du 9 novembre

COULEURS DE L'INCENDIE, DE CLOVIS CORNILLAC

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  • Thierry POUGET - Directeur de la photographie (Ciné 1988)
  • Vincent HEDON - Preneur de son (Son 2005)
  • Dominique LACOUR - Mixage son (Son 1989)
  • Lucas LE NEOUANIC - Ingénieur mastering son (Son 2018)

 

 

PETAOUCHNOK, DE EDOUARD DELUC

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  • Niels BARLETTA - Re recording mixeur (Son 2010)

 

 

Semaine du 16 novembre

COMA, DE BERTRAND BONELLO

COMA

  • Charlotte MICHEL - 1ere assistante caméra (Ciné 2010)
  • Romain CADILHAC - Ingénieur du son (Son 2007)

 

 

DU CREPITEMENT SOUS LES NEONS, DE FGKO

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  • Fabio CALDIRONI - Directeur de la photographie (Ciné 2014)
  • Jonas GAYRAUD - 1er assistant caméra (Ciné 2014)

 

 

LES AMANDIERS, DE VALÉRIA BRUNI TEDESCHI

LesAmandiers

  • Romain BAUDEAN - 1er assistant caméra (Ciné 2010)
  • François WALEDISCH - Chef opérateur son (Son 1977)
  • Emmanuel CROSET - Mixeur (Son 1991) 

 

 

LES ENGAGES, DE EMILIE FRÈCHE

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  • Myriam VINOCOUR - Directrice de la photographie (Ciné 1986) 

 

 

LES FEMMES DU SQUARE, DE JULIEN RAMBALDI

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  • Pierre EXCOFFIER - Mixeur son (Son 1976)
  • Arnaud GERVET - 1er assistant caméra (Ciné 2001)
  • Gaspard CRESP - Opérateur cinéma (Ciné 2004)

 

 

 

PLUS QUE JAMAIS, DE EMILY ATEF

plusquejamais

  • Nicolas CANTIN - Ingénieur du son (Son 1994)

 

 

PREMIERES URGENCES, DE ERIC GUÉRET

premiereurgence

  • Eric GUERET - Réalisateur, direction de la photographie (Ciné 1989)
  • Emmanuel CROSET - Mixeur son (Son 1991) 

 

 

Semaine du 23 novembre

LES MIENS, DE ROSCHDY ZEM

lesmiens

  • François BOUDET - Mixeur son (Son 2007)
  • Edouard MORIN - Re recording mixeur (Son 2004)
  • Raphaël MOUTERDE - Monteur son (Son 2004)
  • Malo THOUEMENT - Preneur de son (Son 2008)
  • Jonas GAYRAUD - 1er assistant caméra additionnel (Ciné 2014)

 

 

SAINT OMER, DE ALICE DIOPP

Saint Omer

  • Claire MATHON - Directrice de la photographie (Ciné 1998)
  • Sarah DUBIEN - 1ere assistante caméra (Ciné 2010)
  • Emmanuel CROSET - Re recording mixeur (Son 1991)

 

 

Semaine du 30 novembre

ANNIE COLERE, DE BLANDINE LENOIR

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  • Emmanuel CROSET - Re recording mixeur (Son 1991)

 

 

LE LYCEEN, DE CHRISTOPHE HONORÉ

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  • Rémy CHEVRIN - Directeur de la photographie (Ciné 1985)
  • Florent LAVALLEE - Ingénieur foleys (Son 1990)
  • Lucas LE NEOUANIC - Assistant auditorium / Ingénieur sound mastering (Son 2018)

 

 

LE TORRENT, DE ANNE LE NY

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  • Benoît HILLEBRANT - Monteur son (Son 1990)
  • Pierre TUCAT - Mixeur son (Son 1983)

Camille Aubriot (Ciné2020) primée par la CST pour ses recherches
Publié le 13/11/2022

Camille AUBRIOT (promo Ciné 2020), a reçu le prix CST 2022 de la meilleure recherche en technique du cinéma et de l’audiovisuel pour son mémoire « Filmer la brume, le brouillard et la fumée – enjeux artistiques et techniques ».

Ce prix récompense un travail de recherche niveau master ou doctorat qui porte sur la technique et/ou les technicien·nes dans le cinéma et/ou l’audiovisuel.

Il lui a été remis dans le cadre des Rencontres Chercher/Créer, en partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière et l’Université d'Évry - Centre Pierre Naville.

Les membres du Jury étaient Dominique Vidal – Directeur Technique chez BUF Compagnie , les enseignants Bérénice Bonhomme, Kira Kitsopanidou et Vincent Sorrel, et Hans-Nikolas Locher – Directeur du Développement à la CST.
 

« La brume et le brouillard sont des phénomènes météorologiques naturels hautement cinématographiques : ils cachent et révèlent tour à tour paysages et personnages dans une symphonie poétique du mouvement. Difficiles à filmer du fait de leur brièveté, une multitude de machines et techniques sont employées pour les reproduire, dont certaines créent plutôt des fumées. La fumée permet de réaliser de nombreux effets visuels, d’une diffusion de l’image à la matérialisation de rayons lumineux, particulièrement appréciés des directeurs de la photographie.

Ce mémoire se propose d’aborder en premier lieu la brume, le brouillard et la fumée d’un point de vue scientifique, afin de mieux comprendre ces phénomènes et leurs interactions avec la lumière. Le travail des directeurs de la photographie avec la fumée sera ensuite principalement détaillé, du point de vue de la lumière, du cadre et de la caméra. Les questions d’éclairage, d’exposition, de coloration de la fumée, de composition, de cadrage à une ou plusieurs caméras ou d’emploi de filtres seront ainsi abordées. Certains de ces questionnements sont approfondis par une pratique personnelle. Ces recherches s’appuient sur des entretiens réalisés avec des opérateurs, mais également un accessoiriste, deux superviseurs d’effets spéciaux physiques SFX et un superviseur d’effets spéciaux numériques VFX. » explique Camille Aubriot.


Découvrez l'entretien dans son intégralité (6min45)

 



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Jean-Marie Lavalou (Ciné 68) nous a quittés
Publié le 22/07/2022

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès de Jean-Marie Lavalou (Ciné 1968) – coinventeur avec Alain Masseron de la Louma –, survenu des suites d'une brutale et fulgurante maladie le vendredi 15 juillet 2022, à l'âge de 76 ans.

 

Nicolas Pollacchi, directeur général de Loumasystems et HD Systems, et Adam Samuelson, associé de Loumasystems et directeur général de Louma~UK, en ont fait part ainsi...

Né dans une famille bien connue de fabricants de camemberts en Normandie, le parcours de Jean-Marie changeait à jamais quand il rencontra son partenaire-inventeur Alain Masseron. Ensemble ils créèrent des mouvements de caméra encore jamais vus en faisant un film à l’intérieur d’un sous-marin.
L’histoire de la Louma est bien documentée et ce fut Jean-Marie qui réunit les nombreux ingénieurs talentueux qui rendirent la vision d’Alain et la sienne possible. Beaucoup disaient qu’il était obsessif – et il l’était. La Louma et la magie du cinéma étaient sa passion, qu’il poursuivit sans relâche. Il a vécu son rêve de collaborer avec Polanski, Spielberg et était toujours en admiration pour les metteurs en scène et les directeurs de la photographie.
Recevoir l’Oscar avec ses coinventeurs fut un moment des plus marquant de sa carrière mais, pour Jean-Marie, ce qui lui procura probablement le plus de plaisir fut son tour "du monde" pour remercier les gens avec qui il avait travaillé au cours de sa route.


Il fut pour beaucoup un mentor et un ami. Loyauté aveugle des deux côtés. Quelques moments stressants mais aussi des soirées fantastiques à boire les meilleurs vins. Il pouvait rendre fou n’importe qui. Quand quelqu’un faisait une suggestion, il disait « Je le note / Je l’inscris », en résultait une montagne de carnets de croquis sur son bureau. Alors nous le regardions tenter de trouver le bon carnet !
Sa disponibilité et sa générosité en amitié étaient sans limite. Ses appels téléphoniques nous manqueront ainsi que le voir au bureau, où il passait probablement plus de temps que nulle part ailleurs.
Les L, O et U de son nom (conjointement avec les M et A de Masseron) forment les trois premières lettres du premier système au monde de caméra de cinéma télécommandée.
Il en sera toujours ainsi et Jean-Marie ne sera jamais oublié.


Céline Pagny, Ciné 1999, à l'honneur de la CST
Publié le 28/06/2022

La CST (Commission supérieure technique de l'image et du son) publie dans sa Lettre n° 181 et sur son site Internet un article, "Faire bouger les lignes", dans lequel Manon Guillon s'entretient avec Céline Pagny, Ciné 1999, au sujet de son identification « d'un mal-être, une difficulté d’être/d’exister professionnellement ».

 

La CST (Commission supérieure technique de l'image et du son) publie dans sa Lettre n° 181 et sur son site Internet un article, "Faire bouger les lignes", dans lequel Manon Guillon s'entretient avec Céline Pagny, Ciné 1999, au sujet d'un mal-être, une difficulté d’être/d’exister professionnellement.

 

Le collectif Femmes à la Caméra (FALC) est né du désir de donner la parole aux femmes se trouvant derrière la caméra et dont le travail est bien trop mésestimé. Représentante de FALC, Céline Pagny nous en dit plus.

Comment êtes-vous arrivée à intégrer le collectif Femmes à la Caméra ?

J’ai été appelée au téléphone par les Inrocks au printemps 2018, et ils m’ont demandé si j’avais subi du harcèlement dans ma vie professionnelle. Ce à quoi j’ai répondu que non. Mais trois minutes après avoir raccroché je me suis rendu compte que oui. La question étant un peu directe, je n’ai pas réalisé, simplement parce que je n’en avais pas pris conscience avant, qu’il y avait eu des situations délicates.

Quelques mois plus tard, une collègue, qui m’avait déjà contactée au début de l’été pour monter la future Union des Chefs Opérateurs, m’a parlé d’une soirée organisée par la SRF où quatre professionnelles cheffes de poste étaient interviewées par deux journalistes. Cette soirée a réveillé d’autres prises de conscience. Et le lendemain j’ai été invitée à une soirée de Femmes à la Caméra (qui n’était pas encore le collectif actuel).
Des femmes de l’AFC avaient reçu le même appel des Inrocks sur moi concernant le harcèlement sexuel. Elles s’étaient réunies depuis mars afin d’en discuter, de partager leurs questions.

Ces moments d’échanges entre femmes du métier m’ont fait un bien fou parce que j’ai pu identifier un mal-être, une difficulté d’être/d’exister professionnellement et ainsi la relier à quelque chose qui existe. Ce qui a été très fort pour moi, c’est aussi que j’ai réussi à me présenter d’une manière valorisante. Du fait de l’écoute particulière, mon parcours sinueux a été perçu comme une richesse et a suscité de l’intérêt de la part de plusieurs femmes présentes. C’était pour moi une première. C’est ce qui a fait que j’ai continué à aller chaque mois aux réunions des FALC. C’était très stimulant, ça apportait de la confiance, de la reconnaissance.
Progressivement est née l’envie de créer des événements. Comme nous n’étions pas suffisamment prêtes pour le Micro-Salon en 2019, nous avions fait une apparition très simple : un diaporama de photos, pour trancher avec la représentation qu’on peut se faire des femmes derrière la caméra, place habituellement occupée majoritairement par des hommes, les femmes y restant peu visibles. Le diaporama était diffusé sur les écrans de différents
loueurs.

Qu’avez-vous fait par la suite ?

En septembre 2019 s’est posée la question de la visibilité du collectif, notamment la possibilité de faire une page sur le site de l’AFC, ce qui posait question car une partie d’entre nous ne faisait pas partie de l’AFC. Donc on s’est dit qu’on allait faire un site, mais il fallait pour cela être une entité officielle (entre-temps L’Union des Chefs Opérateurs s’était créée en janvier). Je voyais bien à ce moment-là les premières difficultés que rencontrait cette association ; ça commençait à être un peu lourd au niveau de la gestion socio-politique. C’est alors que j’ai proposé aux membres de FALC qu’on adopte le statut de collectif. [...]

 

Lire la suite sur le site Internet de la CST.