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CGR, son ICE ® et bien PLUS !

Quel avenir pour la salle de cinéma ?

Le cinéma ne peut que se diversifier mais le lieu « salle » restera !

Le 72ème Congrès de la Fédération nationale des cinémas français s’est tenu du 25 au 28 septembre à Deauville.

Un Congrès est par définition un lieu d’échange et tous les professionnels présents - ceux des trois branches, les distributeurs, les membres du bureau ainsi que les représentants des pouvoirs publics – devront tous, dans leur vision à moyen et long terme, avoir en tête les puissantes forces centrifuges qui poussent de façon inexorable vers une  évolution à l’échelle de la planète de cette industrie créative unique à la commercialisation si singulière qu’est le cinéma.

En installant temporairement une salle sur les Planches pendant le 72ème Congrès de la Fédération nationale des cinémas français, le groupe CGR a promotionné son concept ICE ®, un système immersif agrandissant l’écran central par des projections sur les parois latérales vibrant via un procédé mis au point par Philips sous le nom de LightVibes, le tout étant soutenu par le déjà célèbre Atmos de la firme Dolby .

 

« Féru de technologies et de marketing, Jocelyn Bouyssy est le premier exploitant français à avoir importé le numérique en 2007, puis le son Dolby Atmos en 2010. C'est entre autres grâce à cet homme d'affaires de la Rochelle que la France dispose des plus beaux et modernes cinémas du monde. L'idée d'une salle de luxe a germé quand il en a eu assez de verser des royalties à Imax et aux autres géants américains. «C'était il y a un an et demi, à Los Angeles, raconte-t-il avec l'accent du sud-ouest. J'ai décidé que nous allions construire de A à Z, un nouveau concept de salle premium dans nos ateliers à La Rochelle où nous fabriquons déjà nous-même toutes nos caisses, nos comptoirs confiserie.

Son, image, confort... Ses ingénieurs et artisans cassent l'une de leurs salles CGR à Blagnac, près de Toulouse.

Avec la place que prennent les fauteuils inclinables maison, ils perdent 50 places sur 270. Tant pis. Dans la cabine, ils installent un projecteur laser 9P. «Il fournit deux fois plus de lumière qu'un projecteur normal, explique Sébastien Bruel, directeur technique de CGR. Pour le spectateur, cela améliore nettement la qualité de la 3D, le rendu des couleurs.» Des enceintes de son DK aux fauteuils «Made in La Rochelle», tout est 100% français. Reste le plus compliqué: convaincre les producteurs et les cinéastes d'incorporer la technologie LightVibes au moment de la postproduction. Luc Besson, qui s'apprêtait à sortir Valerian, accepte. Huit salles en exploitation en France

Le succès est foudroyant. Tout l'été, les huit salles Ice LightVibes en France sont complètes sur toutes les séances de 11h à minuit. Et sur six semaines alors que le film de Besson s'est écroulé au bout de la troisième semaine dans les salles normales. «Ici, le public était de tout âge, note Sylvain Garcia, directeur du CGR de Torcy près de Marne-la-Vallée.

Les plus âgés étaient particulièrement contents de retrouver les ouvreuses.» Les prix aussi plaisent: 15 euros en tarif plein pour voir un film dans une salle de luxe, 11 euros pour les moins de 26 ans, 10 euros pour des places achetées dans les comités d'entreprise. Luc Besson est ravi: les séances dans les salles Ice LightVibes ont représenté 20% du box-office de Valerian. » a précisé Léna Lutaud dans un article du Figaro

 

 

Il semble opportun d’avoir un regard Sirius et lister quelques-uns des repères entre ce qui fut, ce qui est encore et ce qui pourrait être et qui concerne l’ensemble de la chaine créatrice - productrice et commercial  du Cinématographe né en 1895…

Depuis plus de 100 ans, sa réussite première était liée à une universalité technologique des équipements de diffusion rendant l’exploitation partout possible dans le monde, et tout aussi universel était le contenu artistique, les films, puisque la plus grande partie de ceux–ci racontent à d’autres êtres humains des histoires arrivées à des êtres humains.

Mais trêve de lapalissade, voici des points-repères classés en trois chapitres sur ces réalités en devenir qui ne manqueront pas de bousculer les équilibres économiques et réglementaires nationaux comme intercontinentaux dans les années devant nous. Il vaut mieux s’y préparer pour tenter de s’y opposer le cas échéant, soit au contraire pour prendre de l’avance en saisissant de façon audacieuse les opportunités.

  • Qu’a-t-on vu ces derniers temps ?
  • Qui va et peut produire  dans les années à venir ?
  • Qui va regarder  et quoi ? Où, quand et comment ?

 

Qu’a-t-on vu ces derniers temps ?

Au box-office, on a vu des films de super-héros faisant la part belle aux effets spéciaux. On a vu des acteurs en vogue apporter leurs voix à un nombre important de films d’animation car ceux-ci sont sortis de la case « enfant ». En France, selon le CNC en 2015, le public des films d'animation était à 41% seulement composé de 3-14 ans, à 15% de 15-24 ans, à 31% de 25-49 ans et à 13% de seniors. Ce constat statistique, les exploitants ont pu le mesurer puisqu’en moyenne depuis 7 à 8 ans, 3 à 5 films d’animation engrangent les meilleures recettes chaque année. Dans le monde, en 2016, le constat est identique ; sur les dix premiers, trois étaient des longs métrages d'animation. Le Monde de Dory, Zootopie production Disney en font partie et ont dépassé le milliard de dollars de recettes. Le troisième entièrement produits en France est Comme les bêtes, la dernière coopération entre Universal et le studio franco-américain Illumination qui s’appuie sur Studio Mac Guff à Paris.

 

       

L’animation que Walt Disney souhaité familiale comme les cartoons chers aux baby-boomers a connu une éclipse durant les années 1965-95. Depuis, peu à peu, elle s’est imposée à l’égal des fictions en prises de vues réelles. Le traitement numérique est d’évidence un facteur d’importance dans ce retour en force, mais il ne faut pas oublier - en tout cas en France -l’effort des pouvoirs publics et des très performantes écoles de formation d’infographie animée 2D/3D qui ont presque lancé une marque mondiale d’artistes dits  « French Touch ».

Il faut également comprendre que l’élargissement, bien au-delà des enfants et de la famille, du public actuel du film d’animation est également dû aux Japonais. Leurs studios, au début des 80, ont alimenté les chaines de TV avec de pauvres animations et des scénarios aux effets faciles. Ils ont su peu à peu atteindre un niveau artistique et scénaristique plus que convainquant. Les mangas, un des arts propres contemporains à ce pays, font aussi partie, comme la bande dessinée en France, d’un désir des lecteurs et des spectateurs pour s’offrir un imaginaire en dessins eux-mêmes suggestifs. Qu’en penserait Emile Raynaud ?

Enfin, dernière raison, mais non des moindres participant de ce succès, aux rires déclenchés par les Tom et Jerry et autres, depuis les années 2000, l’humour décalé façon Canal+ a boosté les entrées des longs en animation. On pensera à Shrek avec ses vannes osées et les couleurs vives de la pop-culture en référence. Ces locomotives en terme d’entrées ont néanmoins permis à des œuvres plus poétiques, plus émotionnelles, moins de pur divertissement, de trouver leur public : de Ma vie de Courgette à la Tortue Rouge sans parler de l’imagination subtile de Hayao Miyazaki ou de Isao Takahata dans leur nombreuses œuvres.

Coté distribution, face à la puissance Disney-Pixar et autres hollywoodiens, et après le Japon gros producteur de long-métrage d’animation, la France tient le troisième rang. Elle commence à se vendre à l’étranger en pratiquant des coproductions où l’apport français n’est pas minoritaire. Ainsi le Petit Prince produit par Aton Soumache a totalisé 18,9 millions d’entrée à l’étranger. Qu’en sera-t-il de son Playmobil qui sort en 2019 ? Autre exemple porteur : Ballerina, en trois mois, a engrangé 12 millions d’entrées dans le monde. Cette production franco-canadienne tournée en anglais, réalisée par Éric Summer et Éric Warin, relate l'histoire d'une jeune orpheline bretonne qui vient s'installer à Paris à la fin du XIXe siècle afin d'y devenir danseuse à l'opéra. Alors y-a-t-il un ingrédient d’un soft-power français capable d’exporter de la french Way of Life après Amélie Poulain et non pas de réimporter un  Ratatouille - certes de qualité - mais made in USA ?

 

Qui va et peut produire dans les années à venir ?

Au début des années 2000, Hollywood a misé avant tout sur des films à moult effets numériques et au rythme trépident, film d’explosions et de poursuites sans fin. Depuis Les dents de la mer et l’exploitation de type Blockbuster, les frais de promotions grèvent largement l’ensemble des budgets production-distribution et un besoin de retour sur investissement rapide induit des lancements mondiaux. Cela marche mais cette mondialisation induit du scénario basique relativement réducteur. L’effet pervers n’a pas tardé à se faire sentir. ET ce sont les séries télé qui ont repris des histoires  avec des personnages moins manichéens, beaucoup plus complexes et ambigus et le spectateur est alors mondialement au rendez-vous, accroc en un mot.

Pour le plus grand nombre, à savoir les jeunes, ce public friand les voit sur des tablettes ou des smartphones. Les plus âgés disposent eux du confort d’écran TV de plus en plus grand. Cette diversité des écrans et des lieux mobiles de visualisations de ces streaming a nécessité l’accroissement du débit du réseau Internet. Les sociétés diffuseuses ont ainsi atteint leur but d’être vue dans le monde entier via le réseau. Ils sont de nos jours financièrement en position favorable car les revenus de la diffusion de catalogue de séries, de films, de documentaires dont ils ont acquis les droits, les met en position de financer et /ou de produire eux-mêmes. C’est en l’histoire de Netflix.

Ainsi pour les producteurs des années 1990 la roue tourne. Les cartes de chance de Canal Plus ne sont plus de mise. De 85 à 2005, au regard des obligations du cahier des charges liant en France financement Cinéma et diffusion télévision, donc en 20 ans, le groupe Canal, via Studio Canal, a été le véritable premier producteur français. La politique-cinéma de la chaine Franco-Allemande a largement aidé au soutien de cinéaste novateur, mais en rien comparable au volume de Studio Canal. Les trois grandes chaines (TF1, France 2 et à un moindre degré M6) ont certes aidé la production cinéma, mais sans doute en prenant si peu de risque que les scénarios s’en sont trouvés parfois inodore et insipide.

De nos jours en France, le paysage a donc changé de toute part face à la nouvelle concurrence et à l’éclosion de l’offre gratuite TNT. Canal plus a perdu beaucoup de ses abonnées et le prix pour son offre semble de nos jours exorbitant face aux prix de l’abonnement à Netflix ou à Be.In sport.

Au niveau mondial, outre Netflix, on comprend que des enseignes qui ont su développer avec le succès qu’on sait de la vente en ligne disposent de moyens financiers pour diversifier leur métier de base. C’est le cas d’Amazon qui, dans un désir de développement, est prêt à tenter l’aventure d’une plateforme de diffusion (et également de production) de vidéos, de films, et de documentaires.

La puissance de l’argent allant de pair avec un pouvoir puissant, on a récemment vu en compétition à Cannes 2017, une production d’Amazon : Wonderstruck, le dernier Todd Haynes qu'il a financé, racontant l'histoire de deux enfants sourds connectés à travers le temps. Netflix n’était pas en reste  avec Okja, un conte du Coréen Bong Joon-ho (Mother), ainsi que deux films dont il a racheté les droits de diffusion : The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach (en compétition officielle), avec Dustin Hoffman, et Bushwick, un thriller de Cary Murnion et Jonathan Milott (à la Quinzaine).

Un tollé s’en est suivi car ces films ne sont pas destinés à des sorties en salle, au grand dam des exploitants. Même si la direction du festival a réussi à apaiser la polémique en précisant qu’à partir de l’année prochaine seul pourront concourir des films devant être distribués en salle, les acteurs français de la profession et les pouvoirs publics risquent de devoir mener une rude bataille pour maintenir la notion de chronologie des médias.

Aux USA, lors des  derniers Oscars, les professionnels américains ont voté sans arrière-pensée. L’Académie a sacré deux nouveaux venus : Amazon a remporté trois Oscars pour deux films, Manchester by the Sea (meilleur scénario original et meilleur acteur pour Casey Affleck) et Le Client (meilleur film en langue étrangère), Netflix a été primé pour son documentaire sur les Casques blancs en Syrie. Voilà deux producteurs estampillés Hollywood incontournables !

 

 

 

Pour Amazon, il s’agit d’une réelle diversification qui n’est pas que du commerce. C’est au travers de sa filiale Amazon Original Movies qu’elle a produit en 2015 le dernier Spike Lee que personne d’autre y compris les studios indépendant ne voulait produire, trop frileux, malgré la renommée du réalisateur et sans doute à cause du sujet traitant des quartiers chaud de Chicago.

Cette filiale sous la responsabilité de Ted Hope, a envie de mener à bien un projet ambitieux  de production d’une douzaine de films par an. Avec des  enveloppes de 5 à 40 Millions de dollars, des auteurs-réalisateurs américains ayant un certain potentiel en salles seront garantis de leur liberté artistique. A cela s’ajoute une ligne politique de rachat de mandat de distribution dont ont bénéficiés Woody Allen pour Café society , Jim Jarmusch et même James Gray pour The Lost City of Z.

Netflix a des ambitions nombreuses mais défend avant tout son cœur de métier ; la sortie salle n’en fait pas partie. Son offre doit être la plus large possible et toucher aux quatre coins de la planète. C’est ainsi qu’il est capable de produire  en France Marseille, une saga avec Depardieu et Magimel non pas pour l’audience français de Netflix, mais plus comme image de marque France dans son catalogue. A l’opposé des français producteurs peuvent avoir intérêt à mettre leurs œuvres sur Netflix. Quand on sait par exemple les difficultés à l’exportation des films français, on ne peut que se réjouir du pari gagné du producteur de Divine d'Houda Benyamina si justement primé Caméra d’Or à Cannes 2016. Ce producteur, Marc-Benoît Créancier, reconnaît que son exposition y a probablement beaucoup gagné par rapport à une sortie sur quelques rares écrans américains : « La bande d'actrices est reconnue à Los Angeles dans la rue, en boîte ou à l'aéroport. Un signe qui ne trompe pas ! ». Netflix tient secret le nombre de vue de Divines sur les 100 Millions d’abonnés de sa plateforme.

Qui va regarder  et quoi ? Où, quand et comment ?

Quels désirs ont les jeunes, dans quels types de salles et pour voir quoi ? Ils sont déjà des enfants des effets numériques, de l’animation et de la Fantaisy ….

Alors des films en réalité virtuelle ? Oui peut-être, oui sans doute.

Le potentiel d’un jeu, d’une vidéo, d’une formation, d’une visite de musée ayant recours à une immersion en réalité virtuelle n’est pas nul à mes yeux. Certes nous en sommes au tout début. Et ceux qui s’y lancent ont raison d’en essuyer les plâtres.

Ce qui risque d’être long n’est pas le prix des équipements (casques, écouteurs, diffusion au nombre etc.), qui vont rapidement être commercialement vendable, mais la mise au point, la gestation d’un langage neuf correspondant à l’essence de ce nouveau dispositif de représentation d’un monde en trois dimensions, un monde où celui qui y est immergé a des actions à décider de lui-même : immersion interactive vous avez dit ?, comme c’est bizarre !

Il va falloir se déshabituer de plus de 100 ans de projections sur un écran en deux dimensions et des codes du cinéma si fortement ancrés en nous, tel le champ/contre champ. Ça commence par désapprendre pour l’image le hors champ, celui qui fait que j’imagine à droite, à gauche, au-dessus en dessous ce qui n’est pas montré à l’écran par le réalisateur à un instant T. Et cela doit se poursuivre  par des nouveaux codes qui permettent du moins en fiction de raconter une histoire avec un point de vue. La bande sonore sera-t-elle le nouveau bâton de berger du réalisateur de film en VR pour induire au spect-acteur casqué sa propre narration déambulatoire dans une immersion à 360 °? Pas simple, mais excitant !

Pour avancer dans cette construction, il y a de l’effervescence depuis trois/quatre ans. On parle d’expérience VR pas encore de narration VR et cela à l’instar de la façon de considérer le cinématographe comme une attraction foraine « à l’avenir commercial nul » dixit l’un des Frères Lumière !

En témoigne les faits et productions suivantes  repris dans différents articles ou compte rendus récents de la presse ou des sites du web :

Sous la plume de Florence Bauchard dans les Echos

« Cette année, le Festival a sélectionné un film (hors compétition) qui ne sera visible qu'avec un casque de réalité virtuelle (VR). Il s'agit d'un court métrage de 7 minutes du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu (Birdman, The Revenant) sur des réfugiés d'Amérique centrale. « La réalité virtuelle est déjà un art », a souligné Thierry Frémaux en avril. De fait, à la Mostra de Venise en septembre 2016, a été présenté le premier long métrage en VR : Jesus VR, l'histoire du Christ, réalisé par David Hansen. Une première reçue, il est vrai, plutôt froidement par la critique.

…. les entreprises de technologie s'activent, car elles ne comptent visiblement pas se cantonner au second rôle de fabricant de produits. Le taïwanais HTC et le coréen Samsung ont ainsi investi dans Baobab Studios, déjà considéré comme le Pixar de la réalité virtuelle. Des pure players ont aussi vu le jour, comme Here be Dragons, basée à Los Angeles, qui a eu suffisamment de visibilité pour pouvoir embaucher en mars l'ancien président de Tumblr, John Maloney.

Les acteurs historiques, du coup, se réveillent. Dans la cité des Anges, le canadien Imax a récemment ouvert son premier centre de VR et devrait les essaimer aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine dans les mois à venir. Fin mars, Warner Bros a annoncé qu'il allait collaborer avec Imax sur deux films de super-héros mâtinés de VR : Justice League annoncé pour la fin 2017 et Aquaman programmé en 2018 - deux productions de la franchise DC Comics, rivale de Marvel.

En France, en mai 2016, le Pickup VR cinéma a ouvert ses portes à Paris, dans le IIIe arrondissement. Six mois plus tard, le groupe de distribution MK2 a mis sur orbite son premier espace consacré à la réalité virtuelle dans son multiplexe Bibliothèque. Le réseau Diversion Cinema vient d'ouvrir une deuxième salle dédiée à la VR au cinéma Le Louxor, après un premier essai au Forum des images….. »

Fisheye produit un film Corporate VR pour BNP Paris-Bas visible sur Youtube

Benoît Baume, un des dirigeants de la société, explique l’histoire de ce film VR ambitieux.

 « Tous les deux ou trois ans, BNP Paribas produit un film corporate, de présentation de la banque. Cette année, ils ont décidé de le faire en VR. Ils ont fait l’impasse un film 2D, mais ce n’est pas un film de substitution, c’est vraiment l’objet principal. Pour concrétiser ce projet, la banque a fait un appel d’offres assez ambitieux. Nous leur avons proposé un projet qui à la fois apportait l’expérience et symbolisait aussi leur slogan : « La banque d’un monde qui change ». Très vite, il nous est apparu que nous ne pourrions pas traduire ce concept avec seulement des prises de vues réelles. Nous nous sommes rapprochés de Small, qui est le studio de production d’images VR en 3D de Mac Guff, le célèbre studio d’animation connu pour Moi, moche et méchant, Les Minions… Nous avons sorti un objet mixte, à la fois en prise de vue réelle et en 3D, assez étonnant…».

Benoît Baume explique, mais le mieux est d’aller voir le film en ligne et vivre ainsi  l’expérience de ce film primé dans un festival.

Aux rencontres 2017 d’Arles,

Une section nouvelle s’est créée confrontant des images fixes et des images VR. Un festival s’y est tenu durant 3 jours et le jury, présidé par Michel Hazanavicius, a décerné le prix du meilleur Film VR à MIYUBI du Studio canadien Felix & Paul.

Le Jury a aussi attribué une mention spéciale au film Dear Angelica (produit par Oculus Story Studio). Après de vives discussions, le choix s’est porté sur la plus longue fiction jamais réalisée en VR avec un film de 40 minutes.

Le pitch de  « Miyubi » est une comédie suivant l’histoire d’un robot japonais – un jouet personnifié par le spectateur – offert a? un jeune garçon d’une banlieue américaine en 1982. A? travers le corps et la conscience de Miyubi, vous vivrez l’amour de votre famille d’adoption, mais également votre inévitable obsolescence.

 

Avec un accent sur l’innovation narrative et technologique Félix Lajeunesse et Paul Raphaël lancent en 2008 le studio d’idéation et de production Félix & Paul et présentent partout dans le monde des installations vidéo, des environnements multimédia et des films en stéréoscopie 3D. En 2013, Félix & Paul plongent dans la réalité virtuelle, et développent…..une narration à expérimenter !

La réalité virtuelle, un nouveau média expérientiel

Par Dan Benzaken pour Ina Global

 « …L'une des caractéristiques les plus fondamentales de la réalité virtuelle, c'est qu'elle se vit. Elle se vit plus qu'elle ne s'explique  Quiconque a eu l’occasion d’en faire l’expérience vous le confirmera : la réalité virtuelle a le pouvoir de vous transporter ailleurs instantanément. En bernant nos sens, la VR agit sur notre subconscient comme nul autre média, provoquant deux effets majeurs :

-    elle génère une sensation intense et convaincante de présence. Pour le spectateur, les paysages, objets, personnages prennent une dimension quasi-viscérale.

-    comme la réalité, elle confère la sensation d’avoir vécu une expérience, plus que de l’avoir observée

 Pour reprendre les propos de Clément Apap, auteur de La réalité virtuelle, tout simplement : «…. Elle se vit plus qu'elle ne s'explique. C'est par le truchement de l'expérience qu'on la comprend, qu'on l'intègre, qu'on l'explore. En ce sens, elle partage l'une des caractéristiques mêmes de la vie. »…..

Inter Titre

Epilogue : Le lieu Salle ne meurt pas !

Casquée : la salle de cinéma de demain peut laisser entrer la lumière,

À moins qu’on préfère la salle où l’on sert à manger comme dans les cabarets d’antan,

Où la salle avec le retour des attractions – le bon vieux REX,

Où la salle avec des fauteuils à sensations au rythme des effets visuels – retour au Futuroscope ou plus récemment  dans la salle appelée 4D

 

La première salle de cinéma en quatre dimensions a ouvert ses portes au public le mercredi 22 mars 2017 à Paris : Le Pathé-La Villette.

 

« L’objectif de ce nouvel équipement : plonger encore plus le spectateur au cœur du film grâce à une mise en éveil sensorielle impressionnante !

Bien installé dans un fauteuil mobile, capable de créer des mouvements fluides et dynamiques, le spectateur vit à fond des courses-poursuites en voiture, se fait asperger d’eau, ressent le sifflement des balles dans sa nuque….. Bref, il est au plus près de l’action ! On compte déjà 370 salles dans le monde équipées de cette technologie.. » selon  O1 net TV

 

Mais casqué ou pas une salle rassemble des gens et facilite le partage des émotions, celles de e.motion, des images en mouvements qu’elles soient interactives ou pas !

Non la Salle n’est pas morte, elle vivra car elle est lieu d’échanges implicites comme explicites !

 

Rédaction Dominique Bloch.

 


Cannes & Documentaires

Thierry Frémaux nous a proposé, dans Lumière ! L'aventure commence, un long-métrage dans lequel il assemble et commente une riche sélection des vues des deux frères et de leurs opérateurs : « Nous sommes parvenus à faire un long-métrage de tous ces petits courts. C’est un film des frères Lumière, ce qui me permet de dire que c’est génial.» 

Archéologie des images en mouvements

Monsieur Frémaux a cent fois raison de renvoyer au mot génie les deux frères qui, non contents d’avoir fait aboutir l’universalité d’une technique caméra/projecteur, ont mis en place, au travers de ces vues documentaires, l’esthétique visuelle propre aux images en mouvements : entrée, sortie de champ, profondeur, choix du point de vue perspectif, autant de paramètres qui permettent la représentation du réel, sa mise en dramatisation.

Je n’hésite pas à reprendre une partie de sa critique à Flavien Poncet, pour Le Blog du cinéma, qui sait décrire son émotion esthétique à la vision du film :« Bordé par la musique d’intérieur et en même temps élégiaque de Camille Saint-Saëns, contemporain des Lumière, le programme respecte l’esthétique originelle des plans, numérisés certes mais rendus à une prime jeunesse qui n’a rien d’artificiel. Respectant le bord arrondi des fenêtres de projection du Cinématographe, révélant les fabuleuses profondeurs de champ des vues iconiques (L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat, L’Arroseur arrosé) et surtout, témoignant sur pièce de la saisissante sensibilité plastique des cadres 1.33 respectés, ce catalogue de vues réveille d’outre-tombe un monde évanoui et célèbre l’origine d’une certaine optique du monde. Plusieurs éléments réverbèrent la qualité de la restauration. Le reflet irisé des robes opalines sur la tôle du train à vapeur et la chorégraphie secrète des feuilles d’arbres sous le souffle d’un vent d’été sont autant de détails magnifiés, au détour d’une vue Lumière, qui révèlent la lame de fond esthétique de leur œuvre. »

On parle de vues à propos de ces bouts de pellicule impressionnée, mais cette appellation est d’époque ; de nos jours il serait plus immédiatement compréhensible de dire qu’elles sont en vérité des plans. Dans cette archéologie des images en mouvement, le montage – et, à la suite, une syntaxe et un langage – n’était pas encore inventé. Le montage   de la disparition à vue de Méliès, ni le montage-langage  celui  que d’autres, à commencer par W.G. Griffith et son raccord invisible, allaient expérimenter et codifier.

Mais ces vues racontent l’histoire vivante de la fin du dix-neuvième siècle en Europe, comme ailleurs dans le monde. Comme toute œuvre documentaire, elle témoigne de la réalité en la représentant et il n’est pas vain de constater que les hommes et les femmes dans des actions, des gestuelles, y soient plus souvent présents que des paysages ou que des natures mortes.

La toujours vaine opposition « fiction contre documentaire »

Thierry Frémaux sait que pour filmer le réel, toute mise en cadre est un acte qui relève de la subjectivité de celui qui pose le pied et choisit donc un point de vue. Ainsi, tout documentariste est un réalisateur – créateur de sa fiction face à ce réel qu’il représente en sélectionnant dans un viseur de partielles coupes du monde visible. Il y a toujours un rapport fond/forme, même pour le plan unique ou plan-séquence qu’est une vue. Ainsi se plaît-il à noter des styles dans ses vues :

 « On a tendance à penser que les Lumière étaient uniquement des documentaristes et que la fiction a commencé avec Georges Méliès. C’est faux : les premiers sont proches de Roberto Rossellini, Abbas Kiarostami et Robert Bresson alors que le second évoque davantage Federico Fellini. Mais tous ont scénarisé leurs films. » On le découvre notamment avec un classique comme L’Arroseur arrosé, mais aussi avec celui où une petite fille nourrit un chat taquin que l’opérateur replace un peu brusquement dans le champ.

Je ne peux que me rallier au   commentaire de Monsieur Frémaux et en même temps,   puisqu’il est   le responsable en dernier ressort de la sélection officielle au Festival international de Cannes, me poser la question suivante : alors que de plus en plus de documentaires sont destinés à l’exploitation en salle, pourquoi voit-on aussi peu de films documentaires en compétition et guère davantage dans les sélections parallèles ?

Deux Palmes d’Or pour des films documentaires

En 70 ans de festival, seuls deux documentaires ont glané l’Or et tous deux, chacun à sa manière, ont influencé les films de fiction.

Avec Le Monde du silence en 1956, le commandant Cousteau et Louis Malle ont capté des images qui fascinent toujours. De ces images jailliront dix ans plus tard un James Bond dans Opération Tonnerre. Pensons aussi au film de Wes Anderson sur La Vie aquatique ou au récent biopic sur la vie du Commandant lui-même dans L’Odyssée de Jérôme Salle. Et pourtant, de nos jours, à l’instar de Gérard Mordillat, on peut s’ériger contre ce documentaire où l’on voit le mal que faisait et continue de faire l’homme en dynamitant les fonds marins ou en capturant des requins !

C’est en 2004 que, sous la présidence de Quentin Tarantino pour Fahrenheit 9/11, Michael Moore obtient la Palme d’Or. C’est, selon moi, un film de type journaliste dénonciateur, un film politique anti-Bush, du Cash Investigation avant la lettre. Mais il est difficile de parler, à propos de celui qui l’a réalisé, d’un subjectivisme de création. Cette année-là, il y avait également en compétition le film enquête Mondovino et beaucoup de films de fiction majeurs…

 

Cannes 2016 fut une bonne année pour l’exposition du documentaire

En 2016, Ils ont été dix-sept à être projetés dans toutes les sélections, dont Risk de Laura Poitras (réalisatrice de Citizenfour, Oscar 2015 du meilleur documentaire), ou Les Vies de Thérèse de Sébastien Lifshitz, tous deux en compétition à la Quinzaine des réalisateurs. Mais aucun en compétition officielle. Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier a été présenté avec légitimité dans Cannes Classic.

En 2016, le marché du film a reçu 600 inscriptions de professionnels du documentaire accueillis dans le nouveau Doc Corner. Outre les 250 films du catalogue de la vidéothèque, 125 documentaires récents furent visionnés.

Un grand débat s’est tenu sur le documentaire. Il a mis à l’honneur des réalisateurs de talent, dont l’italien Gianfranco Rosi. Son Fuocoammare, pour lequel il a passé un an sur l’île italienne de Lampedusa, avec ses habitants et ses migrants, avait gagné l’Ours d’Or de la Berlinale 2016. C’était le premier documentaire à recevoir cette récompense au festival de Berlin, et il a aussitôt été acheté dans 55 pays du monde entier. Son précédent film Sacro Gra avait reçu le Lion d’Or à Venise trois ans auparavant. Fuocoammare est sorti en France en octobre dernier.

La cuvée 2017 du Documentaire à Cannes

Nous pouvons simplement constater qu’aucun documentaire ne sera en compétition. Seront donc présentés hors compétition, Visages, villages de la réalisatrice française Agnès Varda et du plasticien JR, tandis que Raymond Depardon montrera en séance spéciale son documentaire 12 jours sur l’internement d’office, Claude Lanzmann Napalm sur la Corée du Nord et Al Gore son nouveau film sur le climat, An Inconvenient Sequel.

Cannes ne leur servira ainsi que de vitrine, mais seront-ils aussi valorisés que si l’un d’entre eux revenait avec une distinction, un prix à médiatiser sur les affiches et les réseaux, et capable alors d’attirer les spectateurs des salles ?

Je vous laisse juge !

Dominique Bloch     


Amor, une production à l’arrache....

Amor de Raphaël Rebibo, un film à l’arrache

 

Quatre long-métrage en tant que Auteur Réalisateur Producteur, Raphael Rebibo est un réalisateur franco-israélien qui dès son premier film impose un cinéma qui questionne le spectateur et qui de ce fait aura toujours peiné à réunir les moyens financiers pour accomplir les projets de ses beaux scénarios.

 

Nous avons pu le rencontrer chez lui à Paris dans les locaux de la société Magora Production qu’il codirige avec Martine Fitoussi. Leur société a coproduit avec Transfax film, Marek Rosenbaum, en Israël son 4ième film Amor en 2016.

 

Une production à l’arrache, elle aussi car à 3 points près ce film ne peut encore bénéficier de l’agrément au CNC ; ce qui a pour conséquence de retarder un engagement de distributeur et une exploitation France.

 

Des scénarios qui confrontent personnages comme spectateurs à des dilemmes !

Dès son premier film tourné en Suisse, (où il a habité et travaillé pendant de longues années comme photographe de plateau, producteur exécutif) La Bulle/ L’Arrestation 1975, Raphael Rebibo nous entraine dans un univers kafkaïen où son héros (Bernard le Coq) subit un arbitraire abscons : un jeune écrivain voit son premier manuscrit accepté par un éditeur. Au moment où il annonce la nouvelle à sa fiancée (Catherine Lachens), trois individus de la Police Secrète viennent l'arrêter...film qui a reçu une critique en Israël et aux Etats-Unis une critique dithyrambique.

 

En Israël en 1984 il tourne Edut Me'Ones (Forced Witness) où le scénario expose un cas de conscience cette fois-ci très réaliste : Ronit (Anat Atzmon), divorcée avec un enfant, est témoin du viol de sa voisine. C'est le seul témoignage que la police possède pour envoyer le violeur devant le tribunal. Gaby (Uri Gavriel) le frère du violeur, un homme bien sous tous rapports, vient faire pression pour  qu’elle renonce à son témoignage.

 

Dans Makom L'yad Hayam (A Place by the Sea) en 1989 pour son deuxième film en Israël, il aborde une simple et belle histoire d’amour – avec 53 000 entrées en première semaine, ce film est considéré comme le premier film culte contemporain du pays - mais une histoire d’amour où les protagonistes voient leurs passés respectifs revenir en boomerang : lui Gaby (Alon Aboutboul)  à peine sortie de prison pour un crime qu'il n'a pas commis se trouve traqué par un requin du milieu. Elle, Perla (Anat Zahor) est menacée dans sa vie par son ex-proxénète qui essaie de la récupérer.

 

Et c’est au tournant des années 2010 soit 20 ans plus tard que Raphael Rebibo écrit le scénario d’Amor, avec toujours ce même aiguillon : qu’aurais-je fait, que feriez- vous face à une telle situation ?

Depuis trois ans Lila une jeune femme est clouée au lit. Dans sa situation elle n’attend plus rien de la vie. Sa mère veut la sortir de la chambre d’hôpital où elle s’est recluse. Son père ne peut lui proposer que d’accepter le sort que le Tout Puissant lui inflige. Daniel, l’homme de sa vie revient dans cette petite ville perdue. Son frère ainé est inquiet  par ce retour et plus encore par sa présence mutique. Lorsque Daniel rejoindra Lila, que va-t-il s’échanger dans le silence de leurs fors intérieurs ?

 

Un film vibrant des émotions chaleureuses et douloureuses qui nous traversent tous au long de nos vies. Pas de pathos ni de psychologie explicative des comportements des personnages, pas de conflit israélo-palestinien. Un scénario qui pose avec pudeur le questionnement sur le libre arbitre, celui de chacun.

 

Amor une production à l’arrache pour ce film arrache cœur

 

Amor est un film produit à la force du désir et sans presqu’aucun soutien dès sa mise en production. C’est tout au long de sa préparation d’avant tournage, sur place, en 6 semaines qu’il a fallu jouer les équilibristes sans filet, 17 jours de tournage en tout et pour tout en mars pour éviter les fortes chaleurs des mois suivants. Un budget tellement serré que tout se devait d’être négocié et pensé avec rigueur, flexibilité et audace et cela concerne  tous les postes : les acteurs, l’équipe technique et les décors.

 

C’est alors que se sont conjugués la petite notoriété de Raphaël Rebibo acquise pour ses films précédents tournés en Israël et l’impact du scénario sur les comédiens pressentis comme sur les propriétaires des lieux de tournages primordiaux du film. Un tournage tient parfois du miracle.

 

Mais laissons le réalisateur nous conter quelques anecdotes de cette production à l’arrache :

 

DB : Vous n’aviez pas tourné de long-métrage depuis plus de 20 ans, est-ce que vous avez abordé le tournage avec des doutes ?

 

Raphaël Rebibo :

Je n’ai pas eu le temps de douter. J’étais impatient mais je ne voyais plus rien. Tourner en Israël, c’est de nos jours comme construire un bateau au milieu du désert. Une fois que j’ai pu réunir une équipe et des comédiens, j’ai lancé la chose et je n’ai plus pensé ! Et cela jusqu’à la fin du tournage, voir même à la fin du montage. J’ai fait ça en très peu de temps avec très peu de moyen.

 

Mon scénario n’est pas issu d’un fait divers mais d’une question celle du film que je me suis posé à moi-même. Quand je l’ai eu terminé, je demandais à ceux à qui je le faisais lire «Si toi tu étais dans cette situation que ferais tu?»

 

Et cette question qui est vraiment à la base de ce film m’a beaucoup aidé pendant la production du film. En effet nous devions tourner pendant 5 jours entiers dans un hôpital. Ça coutait beaucoup trop par rapport à notre réalité de producteur. Nous n’avions prévu que des clopinettes. Alors j’ai proposé à la responsable de l’hôpital qu’elle lise le scénario avant que je lui fasse une contre-proposition. Elle a lu le scénario et a décidé de nous laisser le lieu sans argent. Vous voyez le sujet et son questionnement lui semblait une cause à soutenir comme une sorte d’engagement citoyen personnel !

 

Les comédiens ont eux aussi cru à la force de ce scénario, c’est eux pour la plupart qui ont convaincu leurs agents d’accepter les conditions minimales de leurs salaires pour avoir le rôle. D’ailleurs concernant le choix des acteurs j’ai dû pratiquer de façon différente des réalisateurs du pays. En Israël, le moment du casting perdure une année, les réalisateurs font pour ainsi dire passer des castings à tout le monde. Moi je n’agis pas de la sorte à la fois faute de temps mais aussi par choix personnel. Je vais voir ce que les acteurs font au théâtre ou je visionne les films où ils apparaissent. Je fais lire le scénario et je ressens si la personne accroche sans faux semblant.

 

Pour Amor l’actrice qui tient le rôle principal, Or Ilan, celui de Lila, était au prestigieux théâtre national « Habima » de Tel Aviv depuis cinq ans. C’est sa première expérience devant l’objectif d’une caméra. J’avais fait le tour d’autres actrices qui avaient une notoriété. Mais elle, elle s’est pour ainsi dire accrochée à moi ou moi à elle plus exactement : j’ai vu un signe dans la façon dont elle a lu le scénario, la façon dont elle l’a reçu. Je pouvais oser la mettre devant la caméra et je n’ai pas eu à m’en plaindre !

 

DB : Pour l’équipe technique en particulier le directeur de la photo, quelle fut votre démarche ?

 

RR : Comme ce film s’est fait sans argent j’ai dû essuyer le refus fort compréhensible du directeur de la photo le plus coté de nos jours en Israël. Il m’a dit « désolé je ne peux pas ! » Donc je n’avais pas le luxe de vraiment pouvoir choisir. J’ai cherché quelqu’un avec un certain bagage, une certaine expérience et capable d’accepter ma réalité de production. Donc mon choix fut un choix mêlant mon instinct et mon expérience.

 

En Israël même après vingt-ans, j’ai encore un petit nom. On se souvient de l’Arrestation (La Bulle). Pour Amor cela a été d’importance puisque les syndicats agissent à la façon américaine : un comédien  ou un technicien ne peut travailler en dessous du minimum syndical. Mais j’ai pu et je ne peux que les remercier, sur ma notoriété antérieure obtenir une dérogation pour travailler à 50% du tarif minimum syndical.

 

Un village aux habitants généreux !

 

RR. A part les 5 jours d’hôpital, j’ai pu tourner dans un même village toutes les autres scènes du film. Là encore les économies (déplacements chronophages en argent comme en temps) étaient au rendez-vous.

 

Dans ce village se trouvait un restaurant huppé servant un Brunch-Buffet à volonté de haute gastronomie végétarienne. La lecture du scénario a aussi agi sur la propriétaire ; très émue, elle nous a ouvert son cœur, sa maison et les portes dans le village jusqu’à nous offrir, je dis bien nous offrir chaque jour, à toute l’équipe le petit déjeuner à 4 heures du matin à la lisière de l’aube dans ce décorum magnifique. Pour l’équipe technique c’était comme si une production d’Hollywood leur offrait ce Luxe !

 

Car l’intendance du manger et du boire est d’importance lors des tournages en Israël. Je me rappelle de Jean Boffety qui signa la photo de Makom L'yad Hayam, Il n’avait pu que s’étonner de voir l’équipe manger et boire entre chaque plan. Et il avait raison, Là-bas on ne peut que faire avec ! Dès qu’on dit « cut » sur le plateau, tous vont se diriger vers le buffet qui se doit d’être toujours dressé et approvisionné. Et bien sûr il faut ramener comédiens et techniciens du buffet vers le plateau pour le prochain plan.

 

Sur le tournage d’Amor, c’est Martine Fitoussi qui avec le peu d’hébreu qu’elle connait, arrivait à obtenir le silence (Sheket !), et à les faire revenir sur le plateau. Les israéliens ne connaissent pas la discipline. En France l’équipe à le respect du plateau et la rigueur du Action, en Israël pas vraiment, la non-hiérarchie, l’égalitarisme des kibboutz originel a laissé des traces, rappelons que Ben Gourion servait le soir à table dans la salle à manger les autres membres du kibboutz après sa journée de Premier Ministre terminée au Parlement !

 

 

 

Propos recueillis par Dominique Bloch

 


Conservatoire des Techniques - SPECTACLE DE LANTERNE MAGIQUE

Le Conservatoire des Techniques - Cinémathèque française présente un spectacle unique de lanterne magique :

LE FANTOME DE ROBINSON CRUSOÉ

Samedi 5 avril à 15h Salle Henri Langlois

La lanterne magique, apparue au XVIIe siècle, est une machine d'optique qui a permis pour la première fois de projeter sur un écran, dans une salle obscure, des images peintes, fixes ou animées, représentant des fantômes, des voyages, des portraits, des illusions et visions oniriques… La séance exceptionnelle proposée par la Cinémathèque française consiste à ressusciter cet art perdu. Robinson Crusoé nous contera son périple, on évoquera le diable, on s'amusera aussi, le tout aux sons de la harpe et des commentaires du «bonimenteur».

Ce spectacle, réalisé «à l'ancienne» grâce à une triple lanterne de projection de 1887 (un luxueux appareil fabriqué par les frères Riley à Bradford), est réalisé grâce aux collections de la Cinémathèque française et du Centre national de la cinématographie qui comprennent plus de 25000 plaques de verre de lanterne magique du XVIIIe siècle aux années 1900 – l'une des plus belles collections au monde.

Deux «lanternistes» sont aux commandes: Laurent Mannoni et Laure Parchomenko. 
Les projections sont accompagnées par le comédien Nathan Willcocks, la harpiste Liénor Mancip et par le bruiteur Zak Mahmoud.

Spectacle accessible à partir de 8 ans

Infos & réservations sur le site de la cinémathèque


Amor, le très beau film réalisé par Raphael Rebibo.

 Ce film aura-t-il un avenir ?

Apres avoir erre en Europe, Daniel revient chez lui, une petite ville perdue quelque part en Israel. Il revient retrouver Lila, la femme de sa vie. Lila est clouee au lit depuis plus de trois ans...Il va faire l’inimaginable par amour pour elle.

« Amor » est une histoire e?mouvante, sur un theme universel, d’une actualite brulante, loin des bruits de guerre israelo-arabe, ou l’amour est plus fort que tout....

Un film vibrant  des émotions joyeuses  et  douloureuses qui nous traversen tout au long de notre vie.Un scénario quii pose avec  pudeur.notre  questionnement sur notre libre arbitre. 

Longue existence à ce film qui cherche encore  distributeur !


Ciné-club de l’Ecole Louis-Lumière, séance du 3 janvier 2017

 

Le film Pola X de Leos Carax
France – 1999 – 35 mm – Couleur – Format : 1,66 – Durée : 2h14 – Projection en copie 35 mm
Tout se déroule harmonieusement pour Pierre, jeune écrivain à succès, fils de bonne famille vivant aux côtés d’une mère qu’il vénère. Il est fiancé à Lucie à laquelle il va bientôt se marier.
Un jour où il part, avec sa moto, annoncer leur mariage à Lucie, il rencontre Isabelle sur la route, femme mystérieuse à la beauté inquiétante. Elle déclenche chez Pierre une forte passion qui l’amènera à abandonner sa vie confortable pour vivre avec elle une vie clandestine et marginale.

L’invité
Eric Gautier, AFC

Diplômé de l’ENS Louis-Lumière en 1982, il est engagé par le directeur de la photographie Bruno Nuytten comme assistant opérateur sur La vie est un roman d’Alain Resnais. Il devient directeur de la photographie sur un long métrage avec Albert Souffre de Bruno Nuytten.
Il collabore dans les années 90 avec de nombreux représentants d’un jeune et nouveau cinéma français comme Arnaud Desplechin (Comment je me suis disputé (« ma vie sexuelle »)), ou Oliver Assayas (Irma Vep). Il travaille aussi avec de nombreux réalisateurs déjà reconnus comme Raoul Ruiz (Les Ames fortes), Alain Resnais (Coeurs, Les herbes folles) et Patrice Chéreau avec Ceux qui m’aiment prendront le train qui lui fait gagner le césar de la meilleure photographie en 1999.
Ses collaborations avec Amos Gitaï (Rabin, the Last Day) ou Walter Salles (Carnets de voyage) donnent à sa carrière une portée internationale ce qui en fait un des grands chefs opérateurs de ces dernières années.

La séance
Cinéma Le Grand Action
Mardi 3 janvier 2016 à 20h

5 rue des Ecoles 7505 Paris – Métro lignes 5 et 7 Jussieu / Ligne 10 Cardinal Lemoine
Plein tarif : 9 € / Tarif réduit : 7 € / Tarif -26 ans : 5,50 €
Cartes acceptées : Cartes UGC Illimité, Chèques Culture, Oeuvres Sociales du Cinéma, Tickart (Ile-de-France), TS30 le Ticket Spectacle.

Mardi 3 janvier 2017 à 20h
Cinéma Grand Action
5, rue des Ecoles
Paris 5e

(Entrée au tarif en vigueur dans le cinéma)


8, 10 et 11 décembre 2016 - Phuong-Mai Tran (Son 2005) et la chorale "Note et bien" chantent au profit d’associations

Phuong Mai Tran (Son 2005) s’est engagée aux côtés de la chorale "Note et bien" pour aider des association caritatives. Plusieurs fois par an, des concerts sont organisés dans ce but.

Après Carmen en 2010, Cavalleria Rusticana en 2011, Porgy and Bess en 2012, les chants à cappella d’Amérique du Sud en mars 2013, la Symphonie n°36 de Mozart et la Messa di Gloria de Puccini en décembre 2013, la Musique religieuse a cappella de Poulenc et Le Chant de la Terre de Mahler en avril 2014, la 7e symphonie de Beethoven, les mélodies élégiaques de Grieg ainsi que Finlandia & Maan virsi de Sibelius en juin 2014, Beethoven, Bartok en octobre 2014, le Requiem de Verdi en décembre 2014, l’Ouverture des Hébrides de Mendelsohn et la Symphonie n° 7 de Prokofiev en avril 2015, Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns en juin 2015 puis les oevres de Tallis, Vaugham Williams, Saint-Saëns et Duruflé en décembre 2015 puis l’Ouverture de Coriolan de Beethoven et la 3e Symphonie de Schumann, ne manquez pas en ce mois de de décembre 2016 la 39e Symphonie de Mozart et Les sept dernières paroles du Christ en croix de Haydn :

Jeudi 8 avril - 20 h 45 
Église Notre-Dame-du-Liban 
17 rue d’Ulm - Paris 5e 
RER Luxembourg

Samedi 10 avril - 21 heures 
Église Saint-Denys du Saint-Sacrement 
68, rue de Turenne - Paris 3e 
M°-Saint-Sébastien-Froissart

Dimanche 11 avril - 16 heures 
Espace Jean Racine 
rue Ditte, en face de la gare 
Saint-Rémy-lès-Chevreuse 
Terminus RER B

Votre participation libre et généreuse sera reversée (à près de 90%) aux projets de : 
Jeudi : Coallia Financement d’un projet d’adduction d’eau au Sénégal. 
Samedi : Les Amis de Gianpaolo Soutenir et accompagner des parents pendant l’hospitalisation de leur enfant atteint d’une longue maladie (Hôpital d’Enfants Margency - Croix-Rouge française) 
Dimanche : Œuvres du Rotary-Club de Chevreuse et sa Vallée


Ciné-club de l’Ecole Louis-Lumière, séance du 6 décembre 2016

La projection sera suivie d’une rencontre avec le directeur de la photographie Gilles Henry (Ciné 83, occasion renouvelée pour le public d’échanger avec il à propos de son travail sur le film et sur bien d’autres projets auxquels il a participé.

Le film

Van Gogh de Maurice Pialat

France - 1991 - 35 mm - Couleur - Format : 1,66 - Durée : 2h38 - Projection en copie 35 mm

Après son internement à l’asile, Vincent Van Gogh s’installe à Auvers-sur-Oise et se fait soigner par le docteur Gachet, amateur d’art et protecteur des peintres.

Entre les relations conflictuelles qu’il entretient avec son frère Théo et sa santé mentale vacillante, Vincent continue son oeuvre.

Il devient l’amant de Marguerite, la fille du docteur Gachet, mais celle-ci comprend vite qu’il ne l’aime pas, que seul son art le fait vivre...

L’invité

Gilles Henry, AFC

Diplômé de l’École Louis-Lumière en 1983, il commence par travailler en tant qu’assistant opérateur sur une trentaine de longs métrages, dont Police et Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. C’est sur Van Gogh, en 1991, qu’il exerce pour la première fois le métier de directeur de la photographie, à la suite d’un bouleversement d’équipe.

Il a depuis travaillé avec de nombreux réalisateurs tels que Philippe Harel (La femme défendue, Extension du domaine de la lutte), Pierre Salvadori (Hors de prix, Dans la cour), Alexandre Arcady (24 jours), ou encore Laurent Tirard (Molière).

Mardi 6 décembre 2016 à 19h30 
Cinéma Grand Action 
5, rue des Ecoles 
Paris 5e 
(Entrée au tarif en vigueur dans le cinéma


GTC Histoire d’un laboratoire cinématographique

L’histoire des industries techniques, et particulièrement celle des laboratoires cinématographiques, est un domaine peu connu des historiens du cinéma. Cette carence est due notamment à la difficulté de documenter les recherches.

Si une grande partie des archives techniques et administratives des laboratoires cinématographiques ont été dispersées, détruites, ou sont difficilement accessibles, les archives provenant de la direction du laboratoire GTC ont été déposées à la Fondation Seydoux-Pathé par Gildas Golvet, ancien directeur général du laboratoire. Elles constituent une source de documentation précieuse et couvrent une période qui va de la création du laboratoire en 1947 jusqu’au début des années 1980.

Cette étude ne se limite pas aux seuls aspects techniques et économiques de l’activité du laboratoire GTC, mais s’efforce de l’inscrire dons l’évolution de la production cinématographique en France durant ces soixante dernières années.

* François Ede est réalisateur, directeur de la photographie et restaurateur de films.

Voir en ligne : http://www.fondation-jeromeseydoux-...


Fleur de rage ou le Roman de mai par Jacques Mondoloni (Son 1963)

Réalisateur de court-métrages, sonorisateur d’une "Idole des jeunes" à la fin des années 60, Jacques Mondoloni (Son 1963) devient écrivain-auteur dramatique au début des années 80.

Il publie des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre. Il touche à tous les genres : la science-fiction, le roman noir, le théâtre et le cinéma adapté à la littérature.

Son dernier roman Fleur de rage ou le Roman de mai se déroule en mai 68 ...

C’était le temps des oeuf au plat, de l’Idole et de Salut les copains, de l’hégémonie culturelle de Maritie et Gilbert Carpentier, des tournées et podiums venant agrémenter joliment les vacances au bord de la mer ou briser la monotonie des campagnes... C’était le temps où les pavés commençaient aussi à fleurir. Le vieux Charles et l’image d’Épinal de la société apaisée de la fin des années soixante allaient se prendre bientôt la lutte des classes en pleine gueule. C’était un temps où l’auteur, jeune sonorisateur enragé, prolo canal historique, s’en donnait à coeur joie entre l’Odéon et le fin fond de la France, entre pétards et fins de soirées... Pour notre bonheur. Ce roman de Jacques Mondoloni, aux accents autobiographiques, est un feu d’artifice et un formidable remède contre la bienséance et le politiquement correct. À consommer sans modération.

http://www.editions-harmattan.fr/in...

Voir en ligne : http://www.librairie-gallimard.com/...